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"Chemise arrachée": verdict pour les "15 d'Air France"

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Le tribunal de Bobigny a finalement condamné trois des ex-salariés d'Air France, des militants de la CGT, accusés d'avoir agressé deux cadres dirigeants d'Air France, le 5 octobre 2015, à des peines de prison de trois à quatre mois avec sursis.

Xavier Broseta, directeur des ressources humaines d'Air France, et Pierre Plissonnier, responsable de l'activité long-courrier, dont les chemises avaient été arrachées lors des débordements du 5 octobre, ont admis ne pas avoir pu reconnaître qui leur avait porté des coups et déchiré leurs vêtements. Les deux autres prévenus ont été relaxés. Enfin, dix autres salariés et ex-salariés de la compagnie se sont vu infliger une amende de 500 euros pour avoir endommagé le portail d'accès au siège d'Air France.

Les images des deux cadres escaladant un grillage pour échapper aux manifestants ont été reprises abondamment par médias et réseaux sociaux, et ont terni un peu plus la réputation de la France en matière de dialogue social.

À l'issue du procès, certains prévenus avaient fait part de leur sentiment d'injustice. Le parquet avait finalement concédé que tous les auteurs des violences n'avaient pas pu être identifiés sur les vidéos.

"Les gens qui ont arraché la chemise ne sont pas présents aujourd'hui", avait affirmé Vincent Martinez, seul délégué du personnel (CGT) à avoir été licencié.

Avocate de 11 des prévenus, Lilia Mhissen, pour qui le "dossier est vide", a jugé "scandaleuses" ces condamnations. "Et là, ce n'est pas le cas", déplore auprès de l'AFP Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France. "S'il était étayé, il y aurait eu des sanctions +exemplaires+", a-t-il assuré.

Une thèse battue en brèche par les avocats des parties civiles, pour qui "les infractions" sont "clairement imputables aux personnes poursuivies". Au cours du procès, le procureur a repris les accusations de "voyous " qu'avait déjà proférées Manuel Valls, ignorant le contexte de violence sociale des restructurations de l'entreprise et leurs effets sur l'emploi.

Pour la première fois, les syndicats redoutaient des licenciements secs, en particulier au sein du personnel au sol, dont les prévenus sont issus. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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